Dalla “Histoire de Sainte Elisabeth de Hongrie” del Conte di Montalembert

San Francesco e il Terz’Ordine

Il ne nous appartient pas de raconter ici la merveilleuse histoire
des triomphes de saint François en Italie , à dater du moment où il
commença ses prédications ; il faut nous borner aux faits qui se lient
directement à la destinée d’Elisabeth. Au bout de quelques an-
nées , la commotion imprimée par la parole du nouvel apôtre aux
âmes endormies et attiédies devint si générale, le bouleverse-
ment qu’elle opérait dans toutes les relations sociales et privées si
violent, qu’il lui fallut aviser aux moyens de régulariser et de mo-
dérer la force dont Dieu lui permettait de disposer. A chaque pas ,
il rencontrait une foule de maris qui voulaient abandonner leurs
femmes et leurs enfans pour se consacrer avec lui à la pauvreté et à
la prédication évangélique ; des femmes qui se montraient prêtes à
renoncer à leurs devoirs d’épouses et de mères, pour peupler les
monastères où Claire , sa rivale et sa sœur , présidait aux austérités
des pauvres Clarisses. Placé dans la pénible alternative ou d’étouffer
ces germes salutaires qui se développaient dans tous ces cœurs, ou
d’entretenir une révolte dangereuse contre des liens consacrés par
Dieu même , il eut recours à un moyen terme que le Ciel devait bénir
comme toutes ses autres œuvres ; il promit à cette foule avide de lui
obéir , une règle de vie spéciale qui associerait à ses religieux les
chrétiens engagés dans la vie domestique par une communauté de
prières , de bonnes œuvres et de pénitence , sans rompre des liens
consacrés par Dieu même. Il donna d’abord cette règle de vive voix
à plusieurs fidèles des deux sexes qui s’empressèrent de la mettre
en pratique, surtout à Florence et dans les villes voisines. Chaque
jour ils se félicitaient d’avoir trouvé le moyen de renoncer, même
hors de l’enceinte des monastères , aux joies dangereuses et aux su-
perfluités du monde. François voyant la ferveur et le nombre toujours
croissant des membres de cette association , leur donna le nom de
Pénitens du Tiers Ordre, comme formant la troisième branche de
sa famille, où figuraient déjà les moines dont il était le chef direct,
et les religieuses de Sainte Claire ; et en 1221 il écrivit et publia la
règle qu’il leur avait prescrite. D’après ses principales dispositions,
il fallait, pour être admis dans l’Ordre , si l’on était marié, le con-
sentement de l’époux conjoint ; il fallait en outre avoir réparé les
torts de toute nature qu’on avait pu commettre , et s’être réconcilié
publiquement avec tous ses ennemis. Tout en ne quittant ni sa fa-
mille ni sa position sociale , on ne devait se vêtir que d’habits d’une
couleur grise et obscure, et ne point porter d’armes , si ce n’était
pour la défense de la patrie ou de l’Église . On devait s’abstenir
d’assister aux fêtes , aux danses , à toute réjouissance profane ;
outre les abstinences et les jeûnes prescrits par l’Église , ne pas
manger de chair le lundi ni le mercredi , et jeûner depuis la Saint-
Martin jusqu’à Noël , ainsi que tous les mercredis et vendredis de
l’année ; entendre la messe tous les jours ; communier aux trois
grandes fêtes de Pâques, de Pentecôte et Noël; réciter chaque
soir quelques prières spéciales , visiter les frères et les sœurs de
l’Ordre dans leurs maladies et assister à leurs obsèques. Cette
règle, comme on le voit, n’établissait qu’une sorte d’association
ou de confraternité pieuse , et nullement un ordre monastique. Ce
ne fut que plus tard que le Tiers Ordre, en adoptant l’usage des
vœux solennels, prit cette dernière forme qu’il conserve encore
aujourd’hui dans les pays où il existe .

L’immense et rapide propagation de l’Ordre de saint François est
un des faits les plus remarquables , les mieux constatés de celte
époque; et l’on peut croire que l’Église fut surtout redevable de ces
progrès à l’association du Tiers Ordre. Un nombre infini de chré-
tiens des deux sexes s’y affilièrent chaque jour ; l’Italie , la France
et l’Allemagne furent successivement envahies par cette armée nou-
velle. Il fallut en tenir compte dans les affaires du siècle, car les en-
nemis de l’Église s’aperçurent bientôt des puissans obstacles qu’ils
allaient rencontrer dans une organisation qui embrassait des fidèles
de tout âge , de tout rang et de toute profession , le guerrier comme
le marchand , le prêtre comme le juriste , le prince comme le paysan ;
et où l’obligation d’une pratique sévère et minutieuse des de-
voirs de la religion resserrait nécessairement le lien d’affection et
d’obéissance qui les unissait à l’immortelle épouse du Christ, tout
en les laissant au milieu de la vie sociale et mondaine pour y déve-
lopper à leur aise ce dévouement et cet amour fraîchement rallumés
dans leurs cœurs. Aussi entendit-on l’empereur Frédéric II se
plaindre publiquement qu’il trouvait dans ce Tiers Ordre une en-
trave à l’exécution de ses projets contre le Saint-Siège; et son chan-
celier Pierre des Vignes raconte dans ses lettres que la chrétienté
tout entière semblait y être entrée , et que , grâce à cette institution
et à ses progrès , le pouvoir du Ciel était devenu dès ce monde plus
redoutable et plus avantageux que celui de la terre.

È impressionante come questa storia possa essere di ispirazione per il nostro progetto. Le somiglianze sono molto forti: la necessità di opporre all’attuale corsa agli eccessi una vita sobria, illuminata dalle beatitudini evangeliche; il modello offerto dalla vita consacrata e dalle sue gioiose rinunce; la diffusione di questo movimento a macchia d’olio in tutto il laicato. Notiamo anche le differenze: il terz’ordine francescano si rivolge ai singoli, mentre il nostro progetto benedettino intende regolare la vita delle famiglie intere; data la differenza dei tempi, nel nostro progetto l’aspetto più propriamente religioso si integra con aspetti umani, che oggi sono fortemente a rischio e che costituiscono un necessario “preambolo della fede”. Ma le analogie sono veramente sorprendenti e incoraggianti.