La Mariophobie et la couronne à douze étoiles

On a légitimement parlé de gynécophobie.
Voir l’article http://lanostracampagna.org/2015/07/06/non-sara-luguaglianza-a-renderci-unici/; voir aussi ces autres articles : http://lanostracampagna.org/2015/03/30/spunti-di-riflessione-sul-gender/; http://www.lafedequotidiana.it/nasce-il-movimento-giuridico-femminile-contro-la-ginecofobia/; ou bien en français: https://massimolapponi.wordpress.com/principes-de-base-du-mouvement-juridique-des-femmes-contre-la-gynecophobie/
Le terme de mariophobie nous semble préférable car il recouvre un concept beaucoup plus exact, non d’un crime en terme de droit, mais plutôt d’un péché, à savoir le péché que Notre-Dame de Fatima a désigné comme la faute la plus grave d’aujourd’hui.
De fait, la Vierge Marie a dit que les péchés contre son Cœur Immaculé offensent tout particulièrement Dieu. Quelle est la signification de cet énoncé, à première vue déconcertant ?
Dans une apparition à sœur Lucie, la Vierge Marie elle-même donna une explication détaillée de cette expression : une offense au Cœur Immaculé de Marie. Celle-ci se manifeste principalement sous cinq formes :

1. le blasphème contre l’Immaculée Conception
2. la négation de la virginité de Marie
3. la négation de la maternité divine et universelle de Marie
4. l’insinuation dans les cœurs des enfants de l’indifférence, du mépris et de la haine envers la Très Sainte Vierge Marie
5. les offenses envers les images de la Vierge Marie.

Nous pouvons aisément démontrer que la signification de ces offenses réside dans le refus de la mission spirituelle propre et exclusive de la femme, qui trouve en Marie sa réalisation parfaite. Or, n’est-ce pas justement ce refus qui se répand ouvertement à un niveau planétaire, après une période de diffusion semi- clandestine ?
Analysons dans le détail les cinq points énumérés ci-dessus.

1. Le blasphème contre l’Immaculé Conception ne fait pas référence au langage grossier des ignorants, lesquels, d’ailleurs, n’ont pas pour habitude d’injurier ouvertement l’Immaculée Conception. A quoi se réfère-t-il alors ? Il fait sans doute référence à la négation du dogme de l’Immaculée Conception : négation qui peut se faire de manière scientifique par les théologiens et de manière pratique par tous ceux qui ne manifestent aucun respect pour ce privilège de la Très Sainte Vierge Marie. Mais qu’implique donc, dans le climat culturel ambiant, la négation théologique ou pratique du privilège de l’Immaculée Conception ? Cette négation ne signifie pas que Marie était entachée du péché originel, mais plutôt qu’elle n’avait besoin d’aucun privilège qui puisse la différencier du genre humain, car l’être humain ne possède en soi aucune tache dont une créature parfaitement sainte devrait être préservée. Selon cette opinion, aujourd’hui très répandue, la nature humaine est saine et tout ce qui, traditionnellement, était considéré comme un signe distinctif de son infirmité, provoquée par le péché originel, doit être accepté comme tout à fait normal et innocent.
Manifestement, la première chose à laquelle on doit ôter la marque du péché est ce que l’on définissait traditionnellement comme le désordre sexuel dans l’homme. En tout temps, l’expérience humaine a toujours reconnu la réalité de ce désordre et la tradition théologique chrétienne, de manière presque unanime même si les interprétations différaient parfois, y a retrouvé les signes les plus tangibles de la « corruption qui est dans le monde à cause de la concupiscence » (II Pt 1,4). Toutefois, de nos jours, l’idée se diffuse toujours plus que ce présumé désordre n’est qu’une malsaine obsession de nos ancêtres et que dans la pratique de la sexualité humaine il n’y a absolument rien d’immoral ou de néfaste, pourvu que les normes élémentaires d’hygiène et de convenance soient respectées.
Or, de quel désordre Marie devrait-elle être préservée ? Sa conception ne doit en aucune manière se différencier de celle des autres êtres vivants !
Toutefois, selon la doctrine de l’Eglise et la tradition théologique qui fait autorité – réaffirmée par le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n. 400 et n. 404) – la nature humaine, qui à cause du péché originel, se transmet de génération en génération dépourvue de sa rectitude et de la grâce divine, porte en elle un déséquilibre, c’est-à-dire la tendance à faire prévaloir les plus basses pulsions charnelles de l’être humain sur sa part spirituelle. Cela ne signifie pas que la part charnelle des êtres humains soit mauvaise en tant que telle et que le sexe, en particulier, soit immoral en soi. La doctrine de l’Eglise n’est pas celle-ci ! Le sexe et la génération charnelle sont bons, car ils ont été créés par Dieu pour le bien des hommes. Et ce n’est pas tout ! Si l’ensemble de la création, y compris la création visible, reflète la bonté de son Créateur, cela est encore plus vrai pour la génération des êtres vivants, qui est l’image de l’éternel engendrement du Verbe divin du Père, dans la joie du Saint Esprit.
« Selon la doctrine d’Aristote, ce qui est premier et plus parfait dans un ordre déterminé est, de fait, toujours cause de ce qui est second et dérivé du même ordre. Donc le premier et éternel processus des Personnes divines est la cause et le modèle de tout processus qui en dérive » (Saint Thomas d’Aquin, Prologue au Premier livre des sentences).
Mais, justement en tant qu’image d’une réalité supérieure, dont elle tire sa véritable signification et à laquelle elle tend à s’assimiler, lorsque la génération se renferme sur elle-même en excluant toute référence au monde spirituel, elle tombe dans une condition de corruption, où un insatiable désir d’assouvissement l’engloutit dans la luxure en pure perte.
Par conséquent, un acte géniteur visant à apporter une satisfaction adéquate aux géniteurs humains devrait se conformer le plus possible à l’éternel engendrement du Verbe divin ; plus précisément, il devrait faire briller justement dans cette fonction physique et sexuelle la flamme spirituelle qui existe dans l’homme et dans la femme. En effet, selon le dessin originel de Dieu, par rapport à la création de la nature inconsciente, la « pro-création » est une création qui se place à un niveau ontologique supérieur et dans laquelle le facteur humain collabore avec l’œuvre divine de manière prépondérante, au point que la naissance d’une nouvelle créature humaine ressemble plus à l’engendrement éternel du Verbe par le Père qu’à une production exclusivement naturelle et mécanique. Dans la famille humaine tout comme dans la Sainte Trinité, le fils généré est dans sa substance et avant tout le produit de la « lumière de l’esprit, que l’amour entretient » (Dante, Paradis, XXX, 42) – la lumière du Verbe et de l’Esprit-Saint qui se reflète dans les parents – et de façon secondaire seulement, le résultat de la fonction naturelle de la chair – pourvu qu’elle soit bonne et nécessaire, de même que, dans le processus de la connaissance humaine, l’expérience sensible est le préalable nécessaire à la connaissance intellectuelle.
Tel était le dessein de la création divine, et tel il fut dans le mystère de l’Immaculée Conception.
Par contre, dans l’état de corruption provoqué par le péché originel, le manque d’intégrité naturelle et de grâce divine dans l’être humain induit que la génération s’accomplit sans la pleine collaboration de l’esprit et de la chair ; par conséquent, dans l’être généré se reproduit le même état d’imperfection : une cause imparfaite ne peut produire qu’un effet imparfait. Néanmoins, malgré le péché originel, la symbiose de la conscience spirituelle des géniteurs avec la fonction charnelle dans la lumière du Verbe divin, même si elle est affaiblie et amoindrie, ne disparaît pas complètement et peut être plus ou moins active selon le dégrée de perfection des parents. C’est-à-dire que plus la cause spirituelle de la procréation est active, plus l’être généré devient conscient que son origine mystérieuse est issue non seulement de l’amour paternel et maternel de nature humaine, mais également de l’amour paternel et maternel de nature divine. Il éprouve ainsi d’être, en quelque sorte, le fils de Dieu dans la lumière de l’Esprit-Saint ; de façon que le baptême vient, d’une certaine manière, à porter à sa perfection tout ce qui était pressenti déjà dans le mystère de la génération humaine – et ceci justifie parfaitement l’attribution du baptême aux nouveau-nés.
A l’inverse, plus cette causalité spirituelle diminue tandis que la causalité charnelle – que de nos jours, on peut même définir comme mécanique – s’accroît proportionnellement, plus la conscience filiale s’affaiblit et risque même de disparaître. Du fait de la perte du sentiment de filiation, les pulsions charnelles prévalent et l’on en vient à perdre aussi le fondement essentiel de la fraternité et de l’amour entre les hommes.
De plus, si la procréation est l’image de l’engendrement du Verbe divin au sein du Père et si tout fils d’homme éprouve d’être, de quelque manière, fils de Dieu, alors, depuis l’origine du monde, dans l’acte de la génération – d’abord dans la génération animale et inconsciente, ensuite dans celle humaine, qui est charnelle et en même temps consciente – est présente l’aspiration à générer le Fils de Dieu dans la chair, de sorte que le modèle soit parfaitement réalisé dans l’image.
Dans l’homme et dans la femme il y a, donc, une essence méta-sexuelle et méta-physique différenciée, de laquelle sort l’amour entre eux et dans laquelle la fonction charnelle trouve aussi sa véritable signification et sa rédemption. Cela signifie que les rôles humains propres à l’homme et à la femme, qui ne sont pas du tout « des stéréotypes et des préjugés » imposés de manière artificielle par la culture de notre société, sont issus de réalités spirituelles différentes et en même temps complémentaires, qui régissent la génération de la vie humaine et qui reflètent le mystère de Dieu : puisque le Père engendre le Fils divin dans la joie de l’Esprit Saint, de même l’homme procrée son propre fils en communion d’amour avec la femme, son épouse.
Alors, nier l’Immaculée Conception de Marie signifie que l’on considère comme normal le fait que, dans la procréation de l’homme prévaut exclusivement l’acte charnel. Et, dans cette perspective, l’on parvient très facilement à nier la réalité méta-sexuelle et méta-physique qui appartient spécifiquement à l’homme et à la femme. En effet, le sexe – dépourvu de toute connotation de déséquilibre, c’est-à-dire de péché, et n’ayant plus besoin de rédemption – devient l’élément fondamental de la procréation et qui seul différencie l’homme de la femme. Le sexe est alors considéré comme une valeur en soi, qui n’a pas besoin d’être rapportée à une réalité spirituelle supérieure. Et si cette réalité n’existe pas, en conséquence une essence spirituelle différenciée de l’homme et de la femme n’existe pas non plus – et en particulier la maternité, en tant que réalité métaphysique et essentiellement spirituelle, tout comme la mission propre de la femme qui en découle, n’existent pas – : donc, les rôles propres à chacun peuvent facilement être échangés.
En outre, avec la prédominance de la fonction charnelle sur la pro-création spirituelle, le sens spirituel de la vie – c’est-à-dire le sens filial et fraternel – s’affaiblit et disparaît, tandis que l’égoïsme matériel et le sens de la vie, conçue comme domination technique de l’univers, sont exaltés. Ceci entraîne nécessairement que la fonction d’épouse et de mère de la femme est dévalorisée et perçue comme humiliante et inférieure ; c’est pour cette raison que l’aspiration à participer en premier à la conquête matérielle du monde et à essayer de jouer ainsi les rôles dits « masculins » s’affermit toujours davantage dans la femme : comme si le rôle de « père », complémentaire à celui de « mère », n’était pas le rôle masculin le plus vrai et le plus noble !
Nous avons particulièrement développé ce point car il était nécessaire de montrer quelles sont, dans le climat culturel ambiant, les conséquences des « offenses à l’Immaculée Conception ». Cela facilite la compréhension des points suivants.

2. La négation de la virginité de Marie signifie que la virginité n’est pas considérée comme une dignité morale supérieure ; au contraire, elle est un défaut, car le sexe vaut en tant que tel et il ne présente aucune ombre de péché ; donc, qui ne l’exerce pas sera un homme ou une femme de niveau inférieur ! Selon la doctrine traditionnelle, au contraire, le véritable siège de l’amour et de la fécondité n’est pas dans la chair mais dans l’esprit, même si la chair est en soi bonne et nécessaire à la transmission de la vie ; l’amour virginal est alors véritablement fécond et, en même temps, il est l’unique sauvegarde contre l’avilissement du sexe. Si dans la Vierge Marie exclusivement, l’amour virginal est uni à la fécondité charnelle – tandis que dans la réalité du monde les deux rôles sont distincts et complémentaires – cela signifie que la virginité féconde de Marie est un modèle sublime pour l’amour des personnes consacrées, ainsi que pour la maternité physique qui est sanctifiée par la grâce divine.
A nouveau, la négation de la virginité de Marie comporte la réduction de la nature féminine à des dimensions purement charnelles et également la négation d’une essence et d’une mission féminine métaphysique et spirituelle.

3. Cette même négation est nécessairement contenue dans le refus de la maternité divine et universelle de Marie. Que signifie en effet que Marie est la Mère de Dieu et qu’elle est Mère de tous les hommes, sinon que la maternité est un acte essentiellement métaphysique et spirituel et non pas uniquement un acte charnel ? Il est tout à fait évident que le titre de Marie par rapport au Fils de Dieu, tout en étant un titre de sa dignité, n’a pas une signification uniquement fonctionnelle et charnelle ; et il est d’autant plus évident que Marie, du moment qu’elle est la Mère de tous les hommes, ne peut que l’être de manière spirituelle. Alors, la maternité universelle de Marie est l’affirmation la plus élevée et la plus sublime de l’essence spirituelle de la femme et de la dignité métaphysique de sa mission de mère.

4. Si par ailleurs, l’occultation de la procréation spirituelle au profit de la causalité charnelle et mécanique provoque, dans les êtres générés, l’affaiblissement et la disparition du sentiment de la filiation et de la fraternité spirituelle et divine, ainsi que l’accroissement proportionnel de l’appétit charnel et égoïste de la vie, ce sentiment provoquera forcément dans le cœur des enfants l’indifférence, le mépris, la haine envers la dimension spirituelle de la femme – en tant qu’épouse et en tant que mère ou comme vierge consacrée à Dieu – et donc envers la Très Sainte Vierge Marie, qui est le modèle le plus élevé de la femme.

5. Et celui qui, dès l’enfance, a développé une notion purement charnelle de la vie, ne trouvera-t-il pas sa pâture privilégiée dans les femmes qui correspondent à cette idée et dans les images qui les représentent ? Et n’éprouvera-t-il pas du mépris et le refus des images de la Très Sainte Vierge Marie et des femmes qui en reproduisent les traits spirituels ?

Alors, derrière la gynécophobie que nous venons de dénoncer, il y a quelque chose de plus fondamental : il y a la pleine concrétisation du péché contre le Cœur Immaculée de Marie que la Vierge a désigné à Fatima comme la faute principale de notre temps : une faute contre Dieu, mais également une faute contre l’homme ! La Vierge Marie nous a promis : Finalement, mon Cœur Immaculé triomphera. Mais nous devons participer à ce triomphe ! Et pour ce faire, nous devons par tous les moyens soutenir les familles et les aider à cultiver le sens spirituel de l’amour, car il est le seul qui donne un véritable sens à la dimension charnelle, ainsi que la dévotion envers la Très Sainte Vierge Marie, sa mission et ses images.
Un projet prend justement forme actuellement et je me contente, pour le moment, de le signaler.
La couronne des douze étoiles est le nom de douze enseignements par lesquels nous souhaitons apporter une aide concrète aux familles, dans la vie de tous les jours. Pour ce faire, un site Internet est en construction afin de mettre en ligne ces enseignements à la disposition de toute personne intéressée. Pour l’heure, nous dirons seulement que la Première Etoile concerne l’agencement des espaces et du temps, à savoir l’Architecture. Saint Benoît est le patron des architectes, car il a donné une architecture aux lieux et aux moments de la vie communautaire. Les Douze Etoiles seront inspirées de la Règle de saint Benoît, en sorte de pouvoir aider les familles à transformer leurs maisons en véritables maisons de Dieu et portes du ciel, des cénacles où, sous le regard de Marie, notre mère, les petits apôtres se préparent à répandre partout l’amour fraternel, lorsque l’Esprit Saint les poussera à accomplir leur mission dans le monde.
Tout ce qui a été présenté dans cet article et proposé, de fait, en toute discrétion, doit désormais être prêché sur les toits !

par Dom Massimo Lapponi

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